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Histoire du Medoc
Terre du milieu
-Le terme Médoc, dont l'origine semble antérieure à la conquête romaine, désigne tout simplement le pays du milieu ou "pagus medulorum", où vivait une tribu d'autochtones celtes, ancêtres des gallo-romains. Cette histoire est évoquée par René Pijassou (1), historien du Médoc.
-Le passé antique du Médoc viticole reste mystérieux. A une époque où les vignobles étaient essentiellement urbains, Ausone évoque marais, chasse et pêche... mais jamais les vignobles.
-Au Moyen-Age, on trouve une région déserte couverte de landes à l'extrême nord et plus au sud, des forêts, des prairies marécageuses et surtout des terres à seigle (ségalas).
-Au milieu de tout cela, quelques îlots viticoles autour des prieurés (Macau, Cantenac, Vertheuil, l'Abbaye de l'Isle) et des seigneuries (Castelnau, Lesparre, Latour et peut-être Blanquefort ). Les rares textes font état d'un liseré viticole, au Sud, de Blanquefort à Saint-Médard.
(1) Professeur René Pijassou, "Le Médoc", thèse de doctorat d'État (1978)


Terre à vigne
Dès le XVIème siècle, notables du Parlement bordelais et négociants constituent de véritables propriétés.
Ces "bourdieux" , nés dans les palus, les terres basses et marécageuses, gagnent les croupes de graves au début du XVIIème siècle. Et le dessèchement des terres marécageuses du Nord-Médoc, entrepris par des ingénieurs hollandais, laisse place à des terres à blé et des pâturages. Dans la seconde moitié du XVIIème siècle, les anciennes seigneuries du Médoc passent entre les mains de la noblesse de robe bordelaise pour devenir de grands domaines sur lesquels règnent les Ségur, Pontac et Brane. Vers 1760, la quasi-totalité du vignoble médocain est constituée.



Terre de qualité et de traditions
Le développement viticole du XVIIème siècle permet d'affiner la connaissance des terroirs. En 1677, l'anglais John Locke fait état de l'expérience médocaine d'une relation directe entre le sol et le vin. Vers 1720, un mémoire relatif à château Margaux indique que les meilleurs plantiers servent à faire le vin du propriétaire. Et à la fin du XVIIIème siècle, des correspondances de régisseurs attestent que la prise de conscience est achevée. L'alignement des vignes facilite les soins apportés à l'encépagement et les possibilités de labour à l'attelage. A la même époque commence l'amélioration des techniques de vinification. Dans la première décennie du XVIIIème siècle, prend naissance un type de vin nouveau, auquel les Britanniques, principaux importateurs, donnent le nom de "new french claret".
A partir de 1730, la généralisation de l'ouillage, du tirage au fin ou soutirage et du
méchage (introduit par les Hollandais) permet une meilleure conservation des vins. Par souci de sélection, on commence à séparer les premiers vins des seconds. C'est dans les chais du quartier bordelais des Chartrons, au bord de la Rivière, que sont alors élaborées les techniques de vieillissement. Au milieu du XVIIIème siècle, les notions de grand cru et de château, telles qu'elles sont conçues de nos jours, se mettent définitivement en place : depuis lors, elles se fondent sur une politique d'investissement à long terme, prenant en compte l'entretien du vignoble, sa reconstitution, l'amélioration des terroirs et des techniques et une conception nouvelle des chais.


Terre de Renaissance
Cette prospérité connaît un coup d'arrêt brutal, un siècle plus tard, avec l'arrivée du phylloxéra, du mildiou et de l'oïdium. Ces fléaux ont pour conséquence une restructuration du vignoble et l'apparition des porte-greffe américains. S'il reste encore près de 25000 hectares de vignes en 1880, l'exportation est au point mort. La crise des années trente stoppe une fragile reprise autour des grands millésimes 1921, 24, 28 et 29. Après la seconde guerre mondiale et les gelées de 1956, le vignoble médocain ne dépasse plus 6000 hectares à l'aube des années soixante. Commence alors un fabuleux travail de renaissance, par la rénovation et la modernisation des exploitations, par les progrès de l'oenologie et surtout, par la volonté des hommes.
Malgré la formidable expansion des surfaces sur le dernier quart de siècle, le Médoc n'a pas encore rattrapé sa superficie d'avant l'invasion phylloxérique. Le doublement en trente ans des superficies et des récoltes s'est accompagné d'une restructuration et d'une modernisation des domaines. Sur la dernière décennie, la viticulture médocaine a investi des milliards de francs dans la rénovation des bâtiments, la construction ou le réaménagement de chais ultramodernes, l'équipement des cuviers, des chais de vieillissement, la mise en place de structures d'accueil et la progression des surfaces plantées. Ces investissements colossaux témoignent de la confiance des viticulteurs médocains dans l'avenir de leurs appellations.





La Commanderie du Bontemps joue un rôle d'ambassadeur des vins de ces trois grandes régions viticoles à travers le monde et participe au maintien des traditions locales liées au vin.


Un peu d'histoire
En 1949, une petite équipe de viticulteurs et de négociants dynamiques se réunit autour d'Henri Martin et décide de créer une confrérie bacchique spécifique au Médoc. Le vignobles des Graves la rejoint en 1959, celui de Sauternes et Barsac en l'an 2000 pour ne plus former qu'un grand ensemble unifié sur la rive
gauche de notre rivière de Bordeaux.
Cette confrérie prend le nom de Commanderie, car dès le Moyen-Age une Commanderie religieuse fonde une église à Benon, près de Saint-Laurent de Médoc, puis, un peu plus tard, une deuxième maison à Arcins. La culture de la vigne, l'élevage et la vente de vin seront bientôt la principale ressource de ces moines soldats et paysans.


Autour du Bontemps symbolique
La Commanderie choisit un symbole connu dans les chais du bordelais, le bontemps, coupelle en bois dans laquelle le maître de chai bat les blancs d'œufs destinés à
coller et à clarifier le vin.
Le bontemps sert de modèle à la coiffe des Commandeurs, toque de velours bordeaux pour Médoc et Graves ou de velours jaune d'or pour Sauternes et Barsac évoquant le bois coloré par le vin et garnie d'un bouillonné d'organdi blanc, symbolisant la neige des oeufs.
La robe se veut une version simplifiée du costume d'apparat des antiques Commanderies, amples plis de velours bordeaux ou jaune d'or, rehaussés d'une épitoge verte pour les Commandeurs du Médoc, de Sauternes et Barsac, verte et or pour ceux des Graves. La fibule qui retient le tout est à l'effigie du Bontemps.
La Commanderie est un rassemblement, une association des trois grandes activités vinicoles : vignerons, courtiers, négociants. Les vignerons apportent leur présence, leur savoir, leur terre et leurs installations, les courtiers leur connaissance du produit et des hommes, les négociants leurs relations, leur pratique des marchés, leur ouverture sur le monde.


Son action
Trois temps forts rythment l'année de la Commanderie, chacun symbolisé par une fête : la Saint Vincent, patron des vignerons, fête des vignerons et des hommes du chai et du cuvier ; la Fête de la Fleur, fin juin célèbre le printemps et l'apparition de la fleur de la vigne ; en septembre, la proclamation du Ban des Vendanges marque l'ouverture officielle de la récolte.
Chacune de ces fêtes rassemble dans un château de nos appellations, personnalités de tous horizons professionnels ou géographiques, artistes, hommes de talents divers, représentants des mondes politique, économique ou culturel. Tous unis pour la plus grande gloire des Vins de la Région.
La Commanderie organise également dans le vignoble ou hors des limites de notre région de nombreuses rencontres, réceptions, intronisations et chapitres exceptionnels.


En guise de conclusion
" En tout lieu, et devant quiconque ", comme le dit le rituel d'intronisation, la Commanderie représente, célèbre et défend ainsi, non seulement le vin mais cet ensemble de valeurs qui lui sont chez nous étroitement attachées : l'amitié, la gaieté et la fidélité à notre terre.